Nouvelles de Bretagne

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Résumé

Cette Miniature approche par la littérature une région française qui, d’une certaine façon, de par sa langue et son histoire populaire notamment, a toutes les caractéristiques d’un pays. Et quelle langue ! le breton étant la troisième langue celtique parlée au monde, après le gallois et l’irlandais ! Ce « Miniatures Bretagne », ou Breizh, aurait aussi pu être un « Miniatures celtique », car évoquer le contexte géographique et historique de la Bretagne y mène. La culture celtique, c’est cette civilisation spécifique, immédiatement identifiable, avec les vestiges qu’elle a laissés, et les croyances et les mythes que les spécialistes des mythologies comparées ont pu reconstituer.
Il faut être bien installé sur la terrasse de plein air du Chenal1, à Porspoder, dans le Finistère nord, en bordure d’océan, fouettée par les vents puissants du large, pour (éventuellement) comprendre un peu mieux la Bretagne. Ici, dans cette région superbe des abers comme dans de nombreux autres endroits de Bretagne, l’homme est en prise directe avec les éléments. Il y a la littérature française, il y a la littérature francophone, mais il y a aussi ce que l’on connaît moins : les littératures de langue française marquées par un cadre dit régional. De leurs extraordinaires langues enracinées dans l’Histoire et de tout ce qui en fait des régions aux caractéristiques propres, seules les moins soumises sont en mesure de faire entendre leur différence. De Cancale à Pornic, ce n’est pas tout à fait la même histoire, mais un fonds commun d’histoires, sûrement. Les six nouvelles d’écrivains bretons de ce volume, savamment réunies par l’un d’eux, Hervé Bellec, posent bien le décor, les atmosphères, les personnages, les destinées. Tout y est pour un beau et riche voyage en terre bretonne.

Collection

Miniatures

Détails

ISBN : 978-2-35074-452-0Date de parution : 03/2017Poids : 0.18kgDimensions : 13x20cmPages : 160

Extrait

Le Gonidec était un petit homme chauve et rond et, sous le nez, il portait une moustache, petite feutrine sans âge qui lui donnait des airs de flic des brigades du tigre. Il travaillait à Brest, dans un bureau du port de commerce et nous n’en dirons pas plus, parce que franchement, la vie de bureau, et surtout cette vie de bureau-là, n’offre aucun intérêt. Il travaillait dos à la mer, dans un bâtiment plein de semblables bureaux.
Il était libre à cinq heures et fêtait ça rituellement, d’une petite bière moussue prise au comptoir d’un bar du front de mer. C’aurait dû être l’occasion de se faire des amis, mais Le Gonidec n’aimait pas les contacts humains. C’était un petit homme chauve, rond, et d’une timidité maladive. Au point qu’il s’était contenté de cette petite vie sans relief, qu’il ne risquait jamais à frotter à celle des autres, sauf de loin, au bout de ce comptoir, solidement arrimé à son verre.
A cinq heures, le bistrot se remplissait : les travailleurs avaient cessé de travailler. Chacun tombait le masque, la cravate. Boniments, rires, éclats de voix. Pour accompagner la nuit qui tombe, rien de tel que l’alcool. Le Gonidec buvait, mais sa bière ne descendait qu’à la lenteur d’un long sablier. Il s’abreuvait surtout d’autre chose, quelque chose qui le réjouissait en secret. Car tout le temps que durait l’apéritif, son visage s’éclairait d’un sourire, qui fronçait la moustache en feutrine…

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