MÉRY, Joseph

Joseph Méry, ami d’Honoré de Balzac, d’Alexandre Dumas, de Théophile Gautier, d’Alfred de Musset et de Gérard de Nerval, fut une figure importante du XIXe siècle à laquelle le dictionnaire Larousse consacrait à l’époque une longue notice. Par une injustice de l’histoire littéraire, il disparaît des anthologies du XXe siècle. Deux grandes passions menèrent son œuvre et ses voyages : le jeu et la politique. L’œuvre qui lui valut le plus de succès est une série de Nuits aussi savantes que drôles où toute l’Europe se retrouve. 1797. – Traité de Campoformio.  Joseph Méry naît à Marseille le 21 janvier. Son père est marchand drapier. 1798. – Rome est occupée par les Français, le pape Pie VI est fait prisonnier. 1804. – Napoléon est couronné le 2 décembre. Joseph Méry est élevé dans la haine de Bonaparte. 1805. – Le 18 mars, Napoléon prend la couronne d’Italie à Milan. 1809. – L’Empereur annexe Rome et les États pontificaux, faisant Pie VII prisonnier. 1814. – Il abdique le 7 avril. En Italie, le régime français s’effondre. Joseph Méry rencontre Auguste Barthélemy et devient professeur. 1815. – Méry et Barthélemy s’enrôlent dans une compagnie qui marche contre l’Empereur. Le 30 mars, un peloton d’infanterie massacre leur compagnie. Ils échappent à la mort, leurs convictions changent. 1816. – Méry part étudier le droit à Paris. Il s’adonne au jeu, passion qui ne le quittera plus. Sa famille paye ses dettes et le rappelle à Marseille. 1820. – Alphonse Rabbe fonde Le Phocéen, un quotidien qui attaque le gouvernement de la Restauration. Méry, devenu bonapartiste et libéral après avoir été un ardent royaliste, participe à l’aventure. Quand Le Phocéen est interdit pour outrages à la morale publique et religieuse, il fonde Le Caducée qui lui vaut également des poursuites. Il collabore à plusieurs journaux. 1821. – Napoléon meurt le 5 mai. 1824. – Méry et Barthélemy sont introduits dans le milieu libéral par Alphonse Rabbe. 1825-30. – Ils publient des poèmes satiriques contre le régime de Charles X et ses ministres. Leur verve fait tomber des ministères. 1828. – Ils publient Napoléon en Égypte en hommage à leur grand homme. 1830. – Déçus par la Révolution, ils recommencent les pamphlets, notamment dans la revue Némesis. Charles X abdique le 2 août, Louis-Philippe prête serment. 1834. – En février, Méry quitte Barthélemy et s’embarque à Marseille pour l’Italie. De Gênes, il se rend auprès de la reine Hortense, réfugiée à Florence. À Rome, il rend visite à d’autres membres de la famille impériale exilée dans les États pontificaux, passe trois semaines auprès de la mère de l’Empereur et se rend à Naples. Soulèvements républicains à Paris et à Lyon. En juin, Méry raconte son voyage italien dans La Revue de Paris. Il écrit aussi des romans, des pièces de théâtre et des articles de journaux. 1836. – Ses débuts au théâtre avec La Bataille de Toulouse sont un succès. 1837. – Une loi interdit les maisons de jeu. Méry prend alors l’habitude de voyager en Allemagne, à Bade, Ems, Aix-la-Chapelle, Hambourg ou Wiesbaden pour assouvir sa passion. 1840. – Méry commence la série des Nuits avec Les Nuits anglaises. 1843-47. – À Paris, il publie un feuilleton dans La Presse et une trilogie indienne alors qu’il n’est jamais allé aux Indes : Héva (1843), La Floride (1844) et La Guerre de Nizan (1847). En 1860, Georges Bell reconnaîtra la trilogie comme l’égale des Mystères de Paris, des Trois Mousquetaires, et de Consuello. 1848. – Chute de Louis-Philippe. La République est proclamée le 25 février. Le 10 décembre, Louis Napoléon est élu président. 1849. – Les Français prennent Rome le 1er juillet. 1850-52. – Méry collabore avec Gérard de Nerval pour deux pièces créées à l’Odéon, Le Chariot d’enfant et L’Imagier de Harlem. 1852. – L’Empire est rétabli le 2 décembre. 1853-60. – Les Nuits italiennes paraissent, suivies des Nuits d’Orient et des Nuits espagnoles (1854), puis des Nuits parisiennes (1855). En tout, les Nuits forment quarante-neuf volumes au catalogue de Michel Lévy. Méry écrit aussi des livrets d’Opéra, dont Herculanum, et propose une nouvelle traduction du livret de Sémiramis de Rossini. 1864. – Convention franco-italienne pour l’évacuation de Rome. 1866. – Joseph Méry décède le 16 juin. Ses funérailles sont payées par Napoléon III. Dans Le Moniteur, Théophile Gautier salue ainsi son vieil ami : « Ces éblouissants feux d’artifice que Méry tirait en plein jour, à tout moment, sont éteints à jamais (…). Méry n’est pas tout entier dans son œuvre, quelque remarquable qu’elle soit, et il a emporté avec lui la meilleure part de lui-même (…). En ce siècle de rimes riches, Méry a été millionnaire. »

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